Grudjy

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CONTES ET LÉGENDES

GRUDJY, le roi bon-vivant


Grudjy vit le jour en des temps reculés, des temps si lointains que même les parchemins les plus anciens ne peuvent exprimer clairement les mœurs et les coutumes de cette époque. Un soir de festin, tandis qu’un grand seigneur fêtait sa conquête d’un territoire avec du bon vin et du gibier fraîchement abattu, l’épouse de celui-ci tentait péniblement de résister aux douleurs de l’enfantement. Les sages-femmes et les servantes veillaient la pauvre mère qui se tordait de douleur et maudissant déjà l’enfant qui n’avait pas encore vu le jour. Mais ces paroles funestes n’étaient rien, l’amour des parents étaient sans limites et très vite, le mari se décida à rejoindre le chevet de la reine. Lorsqu’il arriva dans la chambre seigneuriale, sa femme râlait sur les pauvres servantes, cela le fit ricaner. « J’espère qu’il aura ton caractère et ta prestance » avait-il affirmé en lui prenant la main. Mais il en fut tout autrement. Un texte ancien raconte que le bébé fut extrait du ventre de sa mère et à peine aurait-il vu le jour qu’il s’exclama « à boire : à boire ! à boire ! ».

La mère, enfin soulagée des douleurs de l'accouchement afficha un grand sourire. « Eh bien je crois plutôt qu’il a hérité de ton attrait pour la bombance ! ».

Grudjy grandit entouré de ses parents. On lui assigna très rapidement un précepteur qui se chargea de son éducation et de tous les enseignements nécessaires au petit prince. Il apprit à lire à écrire et compter, à se comporter selon l’étiquette de l’époque, à chasser mais aussi à guerroyer. Cependant ce dernier enseignement ne plaisait pas au jeune Grudjy, le gourmand préférait de loin fureter dans les cuisine et prenait plaisir à donner des conseils personnels aux cuisinières quant à la préparation des repas de ses tuteurs. Son père, malgré son attirance pour la nourriture de qualité était quelque peu déçu du comportement de son héritier. Le pauvre homme voyait d’un mauvais œil les liens qu’entretenait son garçon avec les héritiers des seigneurs voisins, d’éventuels ennemis.

Le roi mourut, son fils succéda au trône. Grudjy gouvernait avec bienveillance, il était aimé du peuple mais aussi des populaces voisines et de leurs seigneurs. De par ses liens créés entretenus avec les autres enfants, il noua des alliances avec ceux-ci désormais adultes. Le royaume était prospère et puissant, Grudjy était connu de tous, partout dans les Terres de Soscath. Le grand seigneur avait la réputation d’organiser de nombreux festins où il y invitait ses alliés mais aussi ses rivaux. Après tout pourquoi s’ennuyer à se taper dessus alors qu’il est possible de discuter aimablement autour d’une bonne pinte ? Jamais il n’eut de problème, jamais le royaume ne fut pris d’assaut par d’autres rois. Grudjy, quant à lui, profitait de la vie et des plaisirs qu’elle lui offrait. Mais un jour, un drame arriva. Ayant assuré l’un des règnes les plus long de l’Histoire, le bienveillant Grudjy fut retrouvé sans vie au lendemain d’un festin. Son décès provoqua une profonde tristesse dans le cœur des Hommes. Sa nourriture avait-elle été empoisonnée par un rival ? Avait-il succombé à son régime de vie ? Personne ne put jamais répondre.

Quoi qu’il en soit Grudjy, ayant apporté tant de bonheur sur Terre, ne fut pas accueilli dans les Mondes Souterrains. Son esprit s’envola vers les cieux où il fonda son Paradis où pourraient reposer les âmes de tous les fêtards.