Ydilios

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CONTES ET LÉGENDES

YDILIOS, le mendiant bienveillant

Il y a bien des années, voire des siècles, une ville accueillit un être bien particulier parmi ses habitants. Un être dont le destin était déjà tout tracé. Il s’appelait Ydilios. Ce cher Ydilios était connu dans cette ville pour plusieurs raisons. La première était son métier. Il était poète, musicien et auteur, il avait beaucoup de talent et personne ne pouvait contredire cette affirmation plus qu’irréfutable. Il savait jouer avec les mots et l’esprit des gens. Mais la deuxième raison était beaucoup moins joyeuse. Et oui, Ydilios était un tombeur de ces dames, un homme à femmes. Il passait sa vie à courtiser les plus belles qu’elles soient mariées ou non, ce n’était pas un problème pour lui. Il n’avait aucune limite pour dicter sa conduite, croyant que sa beauté le protégeait de la laideur du monde et des Hommes. Mais son addiction pour les femmes lui valut beaucoup d’ennemis, notamment des hommes, aigris par la jalousie de ce qu’ils n’étaient pas. Et ce qui devait arriver, arriva. Un soir, en rentrant chez lui après avoir tenue compagnie à l’une de ses nombreuses conquêtes, il se fit agresser par une personne venant tout droit des ombres. Un mari enragé ? Un rival envieux ? On ne l’a jamais su. Son agresseur lui laissa une profonde marque de sa rancœur, il avait mutilé le visage si magnifique d’Ydilios.

Ce dernier ne pouvait plus supporter les traits si hideux qui étaient les siens, se refléter dans une glace était devenu infaisable, impensable même, pour l’ancien poète. Lui qui avait l’habitude d’exprimer la beauté, de la représenter, maintenant il était devenu une chose monstrueuse et informe à ses propres yeux. Il avait envie de vomir de cette honte qui lui compressait le cœur, qui lui tordait le ventre. C’était son dégoût pour lui-même qui le rendit dépressif durant des mois entiers. L’alcool et les femmes ne lui redonnaient plus le sourire, sa déchéance le retenait, comme des chaînes qui l’entravaient.

Ne pouvant plus supporter sa vie décadente, il décida de se rendre au royaume de la mort, mais c’est à ce moment-là qu’il rencontra un membre de l’Ordre de la Pitié, Livien. Au début de cette rencontre, il ne voyait pas d’un bon œil l’introduction de cet homme de la pitié, il ne souhaitait pas voir son image être encore plus salie par la pitié, comme s’il n’était qu’un misérable mendiant.

Mais au fur et à mesure des visites de Livien, celui-ci lui fit découvrir cet ordre mystérieux et ses services à la populace. C’est la curiosité qui le poussa à intégrer l’Ordre où il y apprit à ses dépens que l’être humain est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. Il vit plus loin que sa balafre et que les défauts physiques des gens qui l’entouraient. En vivant avec les frères de son ordre, il en apprit l’histoire et ses valeurs. On lui apprit aussi à s’occuper des plus démunis, à les soigner et à les soutenir. Certaines activités le rendaient malade de la souffrance et de la laideur qu’il y avait dans ce monde. Il se sentait comme ça lorsqu’il devait enterrer des inconnus morts dans la rue, ou lorsqu’il soignait comme il pouvait un mourant à cause de la pauvreté et de la maladie. Il apprit les sens véritables de « beauté », « bonté » et « vivre ». Écoutant toutes ces personnes différentes, avec leur propre histoire et leurs doutes les plus profonds. Grâce aux gens qu’il a soigné et à l’Ordre, il finit par s’accepter avec cette marque au visage, il réussit à l’intégrer comme une part de lui-même. Il laissa voir au jour le nouveau Ydilios. C’est en ayant mené cette vie de bienveillance qu’il s’endormit une dernière fois au sein de son Ordre. Sans penser au mal qu’il avait infligé aux autres, mais à l’aide qu’il a apporté.

Il accéda au Panthéon des seigneurs des cieux. Il devint le dieu de la pureté de l’esprit, de la beauté intérieure des Hommes et de l’amour. Depuis, on raconte que sa tombe se trouve dans l’enceinte du vieux monastère et qu’elle aurait des propriétés magiques pour guérir la laideur.